Urgence Séisme

Nous ouvrons une page dédiée à propos des évènements récents arrivés au Népal. Nous lançons également un appel aux dons pour venir en aide aux personnes sur place. Rendez-vous ici

Témoignage de Laurent K.

Dès notre visite à l’école de Srongsten Bhrikuti (SSBBHS), le principal Lama Djampa a présenté à Michel 5 jeunes garçons intéressés par notre aventure dans les Annapurnas. Lors du dîner pris à Pokhara, avant la séparation entre le groupe culturel et le groupe trekking, nous avons pu faire leur connaissance. Ziggy, Kobe, Daimond, Maxi et James ont tous 15 ans, habitent au Népal (sauf Kobe qui habite au Tibet ) et fréquentent l’école tibétaine de SSBHS.

La langue française n’étant dispensée que dans certaines classes particulières de l’école, nous avons eu recours à l’anglais pour communiquer entre nous bien qu’à la fin du trekking les salutations se faisaient en français et nos réponses étaient en tibétain. Malgré l’apparente unité de notre groupe de français qui aurait pu être un facteur de peur de rentrer en contact, ces jeunes sont venus en toute simplicité se tourner vers nous , sans a priori ou préjugés particuliers. Cette simplicité que nous croyons tout d’abord être de la timidité, est en fait l’attrait naturel de nos amis.

Ensuite au cours des nombreuses marches et des repas partagés, ils se sont ouverts à nous en même temps que nous les avons complètement intégrés à notre groupe. Chaque repas fut ainsi une occasion d’échanger quelques coutumes traditionnelles tibétaines (quelques difficultés de notre côté à cause de l’absence de rites « sacrés »). Les repas se finissaient en chansons ,tour à tour nous chantions les Tibétains et nous. Leur répertoire était composé de chansons traditionnelles tibétaines et de chansons modernes (pop-songs) népalaises , tibétaines, indiennes ou anglaises. De notre côté, nous avions une préférence pour les chansons traditionnelles françaises car elles étaient à peu prés connues par tout le monde. Ils appréciaient particulièrement «Alouette» et «Coucou hibou», deux chansons qu’ils ont apprises et chantées avec nous à la fin du trekking. En échange, ils nous ont appris la chanson de la remise du prix Nobel de la paix au Dalaï-Lama.

Ensuite nos discussions tournaient autour de la vision occidentale du monde que nous avons comparée avec leur vision. Malheureusement les voyages ne leur sont pas familiers et le monde occidental reste pour certains d’entre eux une sorte de paradis, pour ce qui est de l’argent et de la richesse mais un véritable enfer pour ce qui est de la relation entre les hommes.

Pour ma part, j’ai vécu quelques expériences plus personnelles avec ce groupe de Tibétains, avec lequel j’ai eu l’occasion de partager une chambre dans un lodge. Dés qu’ils jugeaient que nous étions suffisamment proches d’eux, ils se concertaient en comité restreint pour nous trouver un surnom. Ainsi je me suis fait rebaptiser «Zipko», ce qui signifie «  garçon sympa et souriant ». Certaines filles de notre groupe ont elles aussi eu droit à ces faveurs. Ainsi Mylène est devenue «Zema» et Hélène «Ningemo», ce qui signifie pour les deux «beauté». Deux autres membres du groupe ont aussi eut droit à des surnoms, ce sont Monique et Bernard qui étaient Momo et Popo, grand-mère et grand-père.

Cette relation privilégiée m’a aussi conduit dans des endroits reculés, ou mes nouveaux amis m’ont fait découvrir leur vision de la nature, le respect de toute vie, conduite que beaucoup d’entres nous ont déjà oubliée ou même pas du tout connue.

La qualité de nos relation et la beauté du paysage font du Népal un endroit atypique mais ce sera surtout notre retour en France qui nous fera comprendre la beauté intérieure de ce pays mais aussi celle de notre pays et si nous la trouvons trop fade à notre goût pour la France, il ne tient qu’à nous de rajouter la juste dose d’épices pour égayer notre vie et surtout celle des autres.