Urgence Séisme

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Témoignage de Géraldine D’Eyrames

Ce voyage au Népal est une chance de découvrir un pays, une mentalité et un mode de vie si différent que l’Europe ne semble plus qu’un rêve distant. On y trouve une simplicité, une solidarité et un accueil qui semblent disparus de nos sociétés de consommation.

Dans les rues de Katmandou, à six heures du matin, on peut rencontrer des gens et il n’est pas rare d’échanger un sourire, un clin d’œil ou un « namasté » ; il m’est arrivé de me retrouver au beau milieu d’une course effrénée avec les enfants du quartier. On se parle, on échange des regards et il est naturel de se promener dans les rues sans but déterminé, de flâner, de discuter avec des gens de toutes origines.

Mais c’est aussi à six heures du matin que l’on se rend compte de la misère et de la pauvreté dans laquelle la plupart des Népalais vivent. Les ordures sont triées à la main et pieds nus par ceux de castes, malheureusement encore existantes, inférieures. Les toilettes et autres points d’eau ne sont pas très nombreux pour le nombre d’habitants et j’ai pu voir des toilettes turques fort odorantes et très sales. Ce n’est que plus tard que j’ai appris que 35 personnes les utilisaient.

Plus à la campagne, la vie est certes plus hygiénique mais reste quand même dure. Des enfants de moins de dix ans portent sur leur dos des fardeaux qui nous semblent invraisemblables. C’est en allant à Nougarkot que j’ai croisé une femme et son enfant grimpant jusqu’à leur village. Ils étaient mal habillés, pieds nus et portant une énorme quantité de bois sur leur dos. Le petit garçon frisait les cinq ans et portait avec peine son fardeau qu’il fit tomber. En l’aidant, la conversation entre sa mère et nous, Danièle et moi, s’établit peu à peu. La mère souffrait apparemment d’arthrose à la main droite mais n’était pas dispensée de sa lourde tâche. Malgré leur sourire, on lit dans les yeux des Népalais une certaine tristesse.

Mais un enfant reste un enfant et il reste joueur. Au Népal, j’ai retrouvé les vieux jeux français : une roue et un bâton, un bout de bois, une ficelle…Ils savent improviser et s’amuser. Il règne une ambiance particulière dans les rues. Les mots convivialité, communauté et solidarité prennent leur sens au Népal.

Il semblerait que nous, Européens, soyons tombées dans le matérialisme et l’individualisme. C’est le prix à payer pour la santé, l’éducation et l’eau chaude.